Le conflit entre Israël et l'Iran entre dans son vingtième jour, et non, personne n'a trouvé de solution miracle entre-temps.
En Iran
La situation intérieure iranienne est tendue. Le guide suprême, Mojtaba Khamenei, a promis des représailles après l'assassinat de plusieurs haut responsables de la sécurité. Parmi les victimes récentes figure le ministre du Renseignement Esmail Khatib, après les meurtres précédents d'Ali Larijani et de Gholamreza Soleimani.
- Frappes sur l'énergie : Israël a frappé le gisement géant de South Pars, le plus grand champ gazier mondial, selon les bilans publiés.
- Avertissements et réponses : le Corps des Gardiens de la Révolution a prévenu qu'il riposterait aux attaques sur South Pars en ciblant des installations pétrolières et gazières dans les pays du Golfe. Peu après, l'Iran a effectivement mené des frappes contre des infrastructures régionales.
Dans le Golfe
Les représailles iraniennes ont directement touché des installations énergétiques dans la région, avec des conséquences pratiques et diplomatiques.
- Dommages à Ras Laffan : des missiles iraniens ont provoqué des incendies et des dégâts au site de Ras Laffan au Qatar, une plate-forme importante de gaz naturel liquéfié. Des analystes estiment que cela risque de peser sur l'offre mondiale et d'alimenter une hausse des prix du gaz.
- Cibles en Arabie Saoudite et aux Émirats : d'autres tirs ont visé l'Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis, mais plusieurs frappes ont été interceptées.
- Réactions diplomatiques : le Qatar a déclaré persona non grata plusieurs membres du personnel militaire et sécuritaire de l'ambassade iranienne, leur demandant de quitter le pays sous 24 heures.
- Position saoudienne : l'Arabie Saoudite a dénoncé une rupture totale de confiance et averti que des options non politiques restaient envisageables si les attaques se poursuivaient.
- Koweït et Bahreïn : Le Koweït dit avoir déjoué une cellule qualifiée de terroriste et arrêté dix suspects liés à Hezbollah. Bahreïn affirme avoir intercepté et détruit depuis le début du conflit 132 missiles et 234 drones.
- Ultimatum américain : le président des États-Unis a nié toute implication américaine ou qatarie dans la frappe initiale sur South Pars, tout en menaçant de riposter fortement si des installations qataries étaient de nouveau attaquées.
Aux États-Unis
- Controverse sur le renseignement : la directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, fait face à des accusations d'omission dans son témoignage au Sénat. Une évaluation écrite aurait indiqué que l'Iran avait tenté de reconstituer des capacités d'enrichissement d'uranium après des bombardements l'an dernier, un détail absent de son intervention orale.
- Mesure économique : pour tenter d'atténuer les coûts énergétiques, l'administration a accordé une dérogation temporaire de 60 jours à une loi maritime centenaire qui limite le transport de marchandises entre ports américains aux navires battant pavillon national.
En Israël
- Extension des opérations : l'armée israélienne a étendu ses frappes vers le nord de l'Iran, une première depuis le début du conflit le 28 février.
- Front libanais : les combats se poursuivent le long de la frontière avec le Liban. Des groupes de soldats israéliens ont été filmés en train de piller des maisons au sud du Liban, ce qui a provoqué une nouvelle onde d'indignation.
- Incidents sur des infrastructures : des débris liés à des projectiles interceptés ont endommagé des installations proches de l'aéroport de Ben Gourion, selon des communiqués militaires.
- Objectif stratégique : certains analystes estiment qu'Israël cherche à provoquer un effondrement du régime iranien en multipliant les pressions militaires et diplomatiques.
Au Liban
- Violence persistante : Hezbollah déclare avoir mené des attaques contre des positions israéliennes près de la frontière, notamment dans la région de Taybeh et autour de Kiryat Shmona.
- Déplacement massif : l'offensive israélienne au Liban a poussé plus d'un million de personnes à fuir leurs foyers en moins de trois semaines.
En Irak
- Attaque dans Salah al-Din : une attaque contre un quartier général de la 6e brigade a blessé trois membres des forces de mobilisation populaire, dont un dans un état critique.
- Rôle des mobilisations populaires : le groupe connu sous le nom de Popular Mobilisation Forces regroupe principalement des factions chiites, certaines proches de l'Iran, même si l'organisation est formellement intégrée aux forces de sécurité irakiennes.
Marchés pétroliers
- Approvisionnement : la Corée du Sud a sécurisé un envoi supplémentaire de 18 millions de barils en provenance des Émirats arabes unis par des voies alternatives, pour contourner le détroit d'Ormuz.
- Inflation et banques centrales : la Réserve fédérale américaine a relevé ses prévisions d'inflation, invoquant l'incertitude économique créée par la guerre et l'impact probable d'une hausse des prix de l'énergie.
- Risques sur l'offre : les dommages causés aux installations gazières dans le Golfe pourraient entraîner des tensions sur l'offre mondiale et une hausse des prix de l'énergie si la situation se prolonge.
En bref : le conflit s'étend sur plusieurs fronts, avec des frappes visant des infrastructures énergétiques critiques, des tensions diplomatiques accrues dans le Golfe, et des répercussions économiques mondiales déjà perceptibles. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si la crise se stabilise ou continue d'escalader.