Un appel net après une attaque meurtrière
Gordon Brown, envoyé spécial de l'ONU pour l'éducation, demande la création d'un tribunal pénal international dédié aux crimes contre les enfants. Son urgence n'est pas abstraite : au début du conflit en Iran, une frappe sur l'école Shajareh Tayyebeh à Minab a tué 168 écolières, un bilan atroce qui relance la question de la protection des établissements scolaires en temps de guerre.
Les écoles doivent être des sanctuaires
Brown insiste pour que les écoles bénéficient du même statut moral et juridique que les hôpitaux, c'est-à-dire des lieux protégés. Selon lui, dans les conflits modernes où l'on se bat souvent au milieu des zones civiles, les salles de classe deviennent aussi dangereuses que le front, et les élèves et les enseignants sont des cibles faciles qui ne peuvent pas se défendre.
Le droit existe, mais il faut le renforcer
Le droit international interdit depuis longtemps les attaques contre les enfants et les écoles. Pourtant, dans la pratique, deux excuses reviennent souvent : l'attaque n'aurait pas été intentionnelle, ou l'école aurait été utilisée à des fins militaires. Ces arguments peuvent encore être reconnus comme défenses en droit international, et c'est précisément ce que Brown veut contester.
Il affirme que, d'un point de vue humanitaire, frapper une école revient à ignorer la responsabilité légale d'éviter les risques connus pour les enfants et de les protéger en tant que civils innocents.
Que proposerait ce nouveau tribunal ?
Brown propose un mécanisme judiciaire spécialisé dont la compétence viendrait compléter celle de la Cour pénale internationale, mais avec un champ d'action plus restreint et ciblé. Les priorités seraient :
- la condamnation des bombardements d'écoles,
- la répression des enlèvements d'élèves,
- la poursuite des cas d'asservissement d'enfants par des milices,
- l'adoption de protocoles spécifiques pour juger les attaques contre les établissements scolaires.
Autre point important : il demande aux États membres de l'ONU de mettre en œuvre le mécanisme de surveillance et de rapport consacré aux enfants impliqués dans les conflits armés.
Responsabilité des dirigeants
Brown réclame que les dirigeants qui ordonnent, autorisent ou tolèrent sciemment de telles attaques fassent face à des arrestations et à des poursuites. Il veut que ces responsables bénéficient du même niveau de responsabilité judiciaire que les autres criminels de guerre. Sa conclusion est claire : il ne doit pas y avoir de refuge pour ceux qui permettent des attaques contre des enfants.
Un message sobre mais ferme
La proposition vise à traduire en justice des actes d'une gravité particulière et à envoyer un signal fort : frapper une école n'est pas une erreur regrettable, c'est un crime qui doit être traité comme tel. Reste la question politique, évidemment complexe, de savoir si la communauté internationale acceptera de créer une institution spécialisée et d'en appliquer les décisions. Mais sur le principe, la demande est simple et difficile à contester : protéger les enfants doit être une priorité non négociable.