Patrick Dempsey n’est plus seulement le séduisant neurochirurgien de Grey’s Anatomy. Dans Memory of a Killer sur Fox, il joue Angelo, un tueur à gages qui commence à présenter des signes d’Alzheimer précoce. Oui, c’est un grand écart entre les deux personnages, et Dempsey avoue qu’on ne lui propose pas souvent des rôles comme celui-ci.

Une décision prise vite, pour un rôle rare

L’offre est arrivée rapidement. Il a dû lire le scénario et décider en moins de 24 heures, parce que l’annonce de la série allait être faite. L’idée de mêler l’ombre de l’assassin et la fragilité liée à la maladie l’a immédiatement intrigué. Le projet s’inspire du livre et du film belge De zaak Alzheimer.

Alzheimer vu sous l’angle du personnage et de la famille

Dempsey souligne qu’au-delà du côté thriller, la série s’intéresse à l’impact de la maladie sur le patient et sur le proche aidant. Angelo a un frère malade, logé en unité spécialisée, et une fille enceinte qui se retrouve mêlée aux dangers de sa vie secrète. L’acteur veut que la série informe autant qu’elle divertisse, et qu’elle montre la réalité éprouvante pour les familles et les aidants.

Trois genres en un

La série joue sur trois registres à la fois : la tension familiale, l’aspect procédural lié au diagnostic et la partie action propre au thriller. C’est un exercice difficile à monter à la télévision réseau, mais Fox a laissé de la place pour expérimenter visuellement et tonalement, ce qui a aidé l’équipe à poser l’univers de la série.

Un anti-héros à cœur battant

Angelo est présenté comme un homme qui a tué pour vivre, mais la maladie le rend vulnérable et force une introspection. La saison se déroule sur trois mois, et le personnage commence à remettre en question ses choix alors que les preuves de la dégradation cognitive s’accumulent. Oublis de codes, erreurs dans le rangement d’armes, perte d’orientation et hallucinations de son frère sont autant de signes qui poussent Angelo à reconsidérer sa vie.

La série évite parfois l’exposé trop lourd. Dempsey et l’équipe ont voulu des moments privés, silencieux, où le spectateur doit ramasser les indices. Selon lui, ces scènes sans explication exhaustive sont plus puissantes et donnent envie de revoir les épisodes pour y repérer les détails manqués.

Retour en arrière et rythme narratif

L’épisode cinq donne un aperçu clé du passé d’Angelo, et explique pourquoi il a accepté de travailler pour Dutch, malgré le coût pour sa vie personnelle. La construction des premiers épisodes cherchait justement à montrer les deux vies parallèles du personnage, avant de faire converger les éléments et d’éclairer ses motivations.

Et pour la suite ?

En tant que producteur exécutif, Dempsey se dit ouvert à creuser davantage la maladie si la série est renouvelée. Il évoque les progrès médicaux actuels et la possibilité d’explorer des pistes pour ralentir la progression, améliorer la qualité de vie et mieux soutenir les aidants. L’idée n’est pas de nier la gravité de la maladie, mais de montrer les options et les combats possibles.

Physique, conduite et image publique

Ancien pilote, Dempsey fait beaucoup de ses propres scènes de conduite. Le travail physique lui plaît et l’oblige à rester en forme. Il assume aussi complètement d’être encore identifié comme « McDreamy », et voit cela comme un levier pour parler de ses engagements, notamment autour du centre qui porte son nom et de la prévention.

Vie familiale, héritage et perte

Ses enfants ne regardent pas vraiment ses séries, mais il reste attentif à leurs valeurs et à leur équilibre hors écran. La disparition récente d’un ancien collègue l’a rappelé à la fragilité de la vie et à l’importance de laisser un héritage positif, que ce soit par son travail d’acteur ou par son engagement auprès des malades.

Tournage à Toronto

La série a été tournée à Toronto, où les équipes ont affronté le froid et des conditions difficiles. Dempsey remercie les professionnels locaux pour leur engagement et apprécie la ville, qui a servi de décor pour simuler l’État de New York.

En bref : Memory of a Killer est une série qui mélange action et émotion, en mettant au centre une question lourde mais nécessaire, celle de l’Alzheimer chez un personnage complexe. Diffusée aux États-Unis sur Fox, la série propose un ton différent pour Dempsey, qui semble prêt à explorer d’autres facettes de sa carrière.

Memory of a Killer est diffusée aux États-Unis les lundis à 21h sur Fox. Les épisodes sont ensuite disponibles en streaming sur la plateforme américaine correspondante le lendemain.