Après 13 ans et six saisons télévisées, Cillian Murphy a pris une décision nette : son temps en tant que Tommy Shelby s'achève avec le film Peaky Blinders : The Immortal Man. Dans un entretien récent avec GamesRadar+, Murphy a décrit le film comme une « conclusion naturelle » pour le personnage qu'il incarne depuis 2013 — et il est clair que, pour lui, cela suffit.

L'arc de Tommy : du bagarreur à l'homme d'État — et retour

La saga Peaky Blinders a suivi une transformation longue et complexe. On a découvert Tommy comme un bagarreur endurci des rues de Birmingham d'après-Première Guerre mondiale. Au fil des saisons, il gravit les échelons : chef de gang, homme d'affaires, homme politique — à un moment donné même député, alors que l'Europe se rapproche d'un nouveau conflit.

Peaky Blinders : The Immortal Man nous réunit avec cet homme dans des temps plus sombres. Le film ramène Tommy à la vie criminelle qu'il avait tenté de quitter, tandis que la Seconde Guerre mondiale et le Blitz ravagent Birmingham. Son fils, Duke Shelby — interprété par Barry Keoghan — dirige désormais le gang avec une intensité inquiétante et se retrouve mêlé à un complot de trahison impliquant des sympathisants nazis. Les enjeux sont à la fois personnels et politiques : il est question de famille, d'héritage et des fantômes qui ramènent Tommy vers la violence.

Avertissement : léger aperçu d'intrigue

Indice de spoiler : des images promotionnelles et des descriptions précoces montrent des confrontations entre Tommy et Duke qui annoncent un face-à-face générationnel et émotionnel. Si vous préférez découvrir le film sans indices, considérez ceci comme un avertissement.

Les raisons de Murphy : un quart de sa vie

Murphy explique sa décision simplement et humainement. Jouer le même rôle pendant plus d'une décennie représente un énorme investissement créatif — « un quart de ma vie », dit-il — et il est prêt à clore cette histoire particulière. Mais son départ n'est ni amer ni abrupt ; il paraît réfléchi. Il a loué le créateur de la série, Steven Knight, le qualifiant « d'un des plus grands scénaristes au monde », et a souligné comment la série s'était approfondie plutôt que d'avoir stagné. Pour Murphy, le film est à la fois une fermeture personnelle et un geste envers les spectateurs fidèles : une manière d'honorer la longue relation entre acteur, personnage et public.

Ce sentiment de gratitude transparaît dans ses mots. Il a présenté le film comme une sorte de « retour sur investissement » pour les fans qui ont suivi les contorsions morales, les triomphes et les pertes de Tommy depuis 2013. C'est une explication simple : quand un rôle a occupé autant la vie d'un artiste, l'en laisser la place devient autant une nécessité professionnelle qu'une décision émotionnelle.

Ce que la fin de Tommy Shelby signifie pour la franchise

Le départ de Murphy n'annonce pas la fin de l'univers Peaky Blinders. Le créateur Steven Knight développe activement deux saisons supplémentaires pour la BBC et Netflix situées dans les années 1950, centrées sur une nouvelle génération de Shelby alors que Birmingham se reconstruit après la guerre. Murphy restera impliqué en tant que producteur exécutif, mais n'apparaîtra pas à l'écran. À ce stade, on ignore si d'autres membres du casting original reviendront pour ces prochains chapitres.

Cette approche reflète d'autres franchises longues qui ont choisi de pivoter plutôt que de s'arrêter — garder le monde mais changer le point de vue. C'est un choix pragmatique pour une série à forte identité visuelle et à riche galerie de personnages secondaires. Cela permet aussi d'explorer différentes époques de l'histoire sociale et politique britannique sans être attaché à l'arc spécifique de Tommy.

Une récompense émotionnelle — pourquoi ça compte

Au-delà de la logistique de carrière et de la planification de la franchise, la vraie raison pour laquelle cette décision fonctionne est émotionnelle. Tommy Shelby a toujours été plus qu'un anti-héros stylé ; il était une étude du remords, de l'ambition et des conséquences de la violence. Un exemple concret : des photos promotionnelles et des scènes teasers montrant leur confrontation au bar donnent au film l'allure d'un règlement de comptes intime plutôt que d'un simple final d'action. À ce moment — père face au fils, empire en jeu — la série offre au public la possibilité de sentir de près le prix de l'héritage Shelby.

Cette scène compte parce qu'elle transforme une épopée criminelle en drame familial : le conflit central n'est plus seulement le territoire ou le pouvoir, mais l'héritage et l'identité. Pour les spectateurs de longue date, il y a une réelle récompense émotionnelle à voir Tommy affronter ce qu'il a transmis — et à observer s'il assume enfin cette responsabilité.

Des attentes équilibrées

Il est tentant de considérer le départ de Murphy comme une perte — et à certains égards, il l'est. Le charisme et l'ambiguïté morale de Tommy Shelby étaient le moteur de la série. Mais la décision créative de poursuivre la franchise dans de nouvelles directions semble sensée plutôt que désespérée. Knight a déjà montré sa volonté d'explorer des tonalités et des périodes différentes, et la transition de Murphy vers un rôle de producteur le maintient connecté tout en ouvrant la place à de nouvelles histoires.

Reste à voir si ces saisons futures sauront capturer la même étincelle culturelle. Elles n'auront pas l'attraction magnétique de la performance de Murphy au centre, mais elles héritent d'un monde richement construit et d'un public investi dans la saga familiale. Pour les fans qui appréciaient la vie intérieure plus sombre du personnage, The Immortal Man promet une fin axée sur les conséquences et la clôture plutôt que sur le spectacle — ce qui, dans une série qui a toujours traité des cicatrices psychologiques, paraît approprié.

Dernière pensée

Les acteurs quittent des rôles tout le temps ; ce qui est rare, c'est une fin qui paraît à la fois inévitable et méritée. Le fait que Cillian Murphy qualifie The Immortal Man de conclusion naturelle pour Tommy Shelby suggère que le film vise à être un adieu calme et définitif plutôt qu'une porte entrouverte. Pour les spectateurs qui ont suivi la montée et la chute de Tommy au cours de la dernière décennie, ce type de conclusion — chaotique, personnelle et empreinte de regret — est exactement la clôture que méritait ce personnage.