Un rapprochement européen présenté comme une nécessité

Keir Starmer a affirmé que l’intérêt national à long terme du Royaume-Uni exigeait un partenariat plus étroit avec l’Union européenne, en invoquant la guerre au Moyen-Orient et une situation internationale de plus en plus instable. Comme souvent en période de crise, tout le monde redécouvre soudain les vertus de la coopération.

Selon le Premier ministre, le conflit a poussé son gouvernement à remettre au premier plan des liens plus « ambitieux » avec l’Europe, à la fois sur le plan économique et en matière de défense. Il a ajouté que la manière dont le Royaume-Uni sortirait de cette période « définirait le pays pour une génération ».

Hormuz au centre des discussions

Lors d’une allocution à Downing Street, Starmer a aussi annoncé que le ministre des affaires étrangères réunirait d’autres pays plus tard dans la semaine afin de discuter des moyens de débloquer le détroit d’Hormuz, passage maritime stratégique.

Après cette réunion, a-t-il précisé, des planificateurs militaires seront également convoqués pour examiner comment mobiliser les capacités britanniques et rendre le détroit accessible et sûr une fois les combats terminés.

« Je dois être franc avec les gens, ce ne sera pas facile », a-t-il reconnu.

Vers une relation plus étroite avec l’Europe

Le chef du gouvernement a donné ce qui ressemble à l’indice le plus net d’un éloignement progressif des États-Unis, en décrivant l’avenir du Royaume-Uni comme davantage lié à l’Europe, à l’approche d’un sommet avec l’Union européenne après la réunion de « réinitialisation » organisée l’an dernier dans le cadre de l’après-Brexit.

« Le Brexit a profondément nui à notre économie », a-t-il déclaré, ajoutant que les possibilités de renforcer la sécurité et de faire baisser le coût de la vie étaient trop importantes pour être ignorées.

Il a ensuite insisté sur le fait que le sommet à venir ne servirait pas seulement à entériner les engagements déjà pris lors de la rencontre de l’an dernier. Londres veut, selon lui, aller plus loin :

  • une coopération économique plus étroite ;
  • une coopération renforcée en matière de sécurité ;
  • un partenariat fondé sur des valeurs, des intérêts et un avenir communs.

Starmer a présenté cette perspective comme une réponse adaptée à « un monde dangereux » que le Royaume-Uni et l’UE doivent traverser ensemble.

Réponse aux questions sur Trump et l’Otan

Interrogé sur le fait de savoir si ce changement de cap était lié à sa relation visiblement plus tendue avec Donald Trump, qui critique régulièrement le Royaume-Uni et Starmer lui-même, le Premier ministre a répondu qu’une coopération paneuropéenne accrue allait dans l’intérêt de tous.

Il a même soutenu qu’un tel mouvement pourrait renforcer la relation avec les États-Unis.

Enfin, à propos des déclarations de Trump selon lesquelles il envisageait sérieusement un retrait américain de l’Otan, Starmer a insisté sur le fait qu’il agirait dans l’intérêt britannique, quels que soient les « bruits » autour de lui.

« Quelle que soit la pression exercée sur moi ou sur d’autres, quel que soit le bruit, je prendrai les décisions dans l’intérêt national britannique », a-t-il déclaré.