Bienvenue dans l’épisode judiciaire de la saga House of Cards, saison non autorisée. Dans une petite annexe poussiéreuse d’un tribunal de Santa Monica, Kevin Spacey a pris la parole et a servi sa version: il était, selon lui, prêt à tourner la sixième saison, mais on l’a écarté injustement pour permettre au producteur de réclamer un gros chèque d’assurance.

Le cœur du dossier: argent, contrats et dossiers médicaux

Le procès oppose Media Rights Capital (MRC), producteur de la série, à son assureur. Spacey avait conclu un arrangement avec MRC: pour réduire un jugement d’arbitrage de 31 millions de dollars à son encontre, il a accepté de remettre ses dossiers médicaux. Ces documents sont devenus un des pivots du litige, car MRC veut prouver que l’acteur souffrait d’une maladie l’empêchant de travailler.

Ce que Spacey a raconté

  • Il affirme qu’on l’a poussé dehors pour pouvoir déposer une demande d’assurance à neuf chiffres.
  • Il conteste catégoriquement des parties de ses dossiers au centre de rééducation The Meadows, en disant que des commentaires attribués à lui sont faux. "Ils pensent que j’ai un accent britannique et une femme", a-t-il noté avec un brin d’ironie.
  • Il nie les allégations d’attouchements inappropriés et qualifie au moins une accusation antérieure d’"entièrement inventée".

Les experts et le diagnostic

Le psychiatre expert de MRC, Michael Genovese, a déclaré que Spacey avait envisagé le suicide et qu’il était, selon lui, incapable de remplir ses fonctions sur le plateau en 2017. Genovese a raconté que Spacey avait pensé se pendre la veille de son arrivée à The Meadows et envisagé de se jeter devant une voiture durant son séjour.

De son côté, Spacey a bataillé contre l’étiquette de "trouble sexuel compulsif". Il a raconté qu’un professionnel de The Meadows lui avait d’abord dit qu’il ne correspondait pas au profil de "sex addict", mais qu’il avait appris plus tard qu’on l’avait étiqueté sexuellement compulsif. Il a même affirmé que la clinique l’avait pressenti comme porte-parole potentiel pour ce diagnostic. Selon lui, c’était plutôt l’image que la clinique voulait créer.

Responsabilité, contre-interrogatoires et petites piques

Les avocats de MRC ont tenté de montrer que Spacey refusait de reconnaître sa responsabilité concernant la conduite alléguée. L’avocat Adam Ziffer a souligné que, selon un arbitre, des témoins qui se sont plaints de Spacey étaient crédibles et que l’acteur avait violé les règles anti-harcèlement de son contrat, pointant l’arbitrage de 31 millions de dollars.

Spacey a riposté en rappelant que le seuil de preuve d’un arbitrage est bas. Il a aussi lancé des répliques piquantes à la presse. À propos d’un article de 2017, il a dit en souriant qu’"il serait agréable qu’elle corrige son histoire".

Netflix, promesses et désaveux

Avant d’entrer en cure, Spacey raconte avoir eu une conversation rassurante avec le patron de Netflix, qui lui aurait dit que la plateforme le soutenait, que House of Cards ferait une pause et que rien ne serait décidé avant Thanksgiving. Finalement, Netflix a coupé les liens publiquement et a mis de côté le projet Gore, contrairement à ce qu’il croit lui avoir été promis.

Il y a aussi des contradictions entre les membres de son camp. Son avocat a informé MRC le 4 novembre qu’il était "disponible, volontaire et capable" de remplir ses obligations contractuelles, alors que, quelques jours plus tôt, son agent avait dit à la direction que Spacey était "malade" et partait pour "très longtemps".

Rumeurs de plateau et autres plaintes

Le procès a aussi évoqué des plaintes de membres de l’équipe contre d’autres vedettes de la série. Spacey a mentionné une rumeur selon laquelle Michael Kelly aurait tiré une femme de l’équipe sur un lit, une histoire qui, selon lui, circulait sur le plateau. La plainte visant Robin Wright n’a pas été précisée durant l’audience.

Où en est le procès?

MRC réclame plus de 100 millions de dollars. L’affaire a commencé avec des plaidoiries d’ouverture plus tôt ce mois-ci et devrait encore durer plusieurs semaines. En coulisses, on a maintenant des dossiers médicaux, des témoignages contradictoires et beaucoup d’argent en jeu. Le public? Il attend le prochain épisode.

Note finale: c’est un tribunal, pas une série, mais on dirait que les rebondissements et les dialogues acerbes ne manquent pas.