Une réunion qui a tenu ses promesses… sans miracle

Stop Killing Games, ce mouvement né de joueurs agacés par la disparition soudaine de jeux achetés, est allé rencontrer la Commission européenne pour déposer des signatures et plaider sa cause. Résultat ? Selon les organisateurs, la réunion s'est bien passée, mais rien n'est acquis.

Moritz Katzner a résumé la situation : « La réunion s'est bien déroulée. Ils ont été ouverts, un peu comme la première fois quand nous avons discuté de la loi sur l'équité numérique. Une moitié soutient complètement notre démarche, l'autre moitié estime que, sur le plan juridique, notre position n'est pas correcte. Il faudra voir. »

Ce qu'ils ont essayé d'expliquer aux politiques

Présent aussi lors de la rencontre, le YouTuber Josh « Strife » Hayes a insisté sur un point important : ce n'est pas seulement une histoire de nostalgie ou d'enfant privé d'un jeu. Il s'agit d'un problème de défense des consommateurs. Selon lui, ces jeux sont des produits et, lorsqu'ils peuvent être retirés à la carte par des contrats unilatéraux, des acheteurs se retrouvent privés d'un bien pour lequel ils ont payé.

Hayes a expliqué que beaucoup de décideurs s'informent sur le jeu vidéo via l'industrie elle-même, qui présente naturellement le sujet avec ses propres intérêts. Le mouvement a donc pris soin de se présenter comme un partenaire possible des studios, et non comme un ennemi acharné.

Sur la valeur culturelle et affective des titres, Hayes a été clair : « Je n'ai pas joué à Highguard. Je n'ai pas besoin d'y jouer pour ne pas vouloir qu'il disparaisse. Quelqu'un aime Highguard. Il y a une valeur là-dedans. L'idée qu'un développeur puisse passer beaucoup de temps sur une œuvre pour que, du jour au lendemain, un joueur soit informé qu'il ne pourra plus jamais y jouer, c'est vraiment pénible. »

Les prochaines étapes : amendements et pression politique

Le collectif insiste sur l'impact des citoyens qui contactent leurs représentants. Selon les organisateurs, les interventions des électeurs ont aidé à faire bouger certains membres de la Commission, de tous bords politiques.

Katzner rappelle que le travail commence à peine. L'objectif est d'obtenir des amendements à la loi sur l'équité numérique afin d'encadrer la possibilité pour les entreprises de retirer des jeux déjà vendus. Elle a aussi appelé à maintenir la pression publique et à écrire aux représentants pour garder le dossier à l'ordre du jour.

En résumé

  • La réunion avec la Commission européenne « s'est bien passée », mais les avis sont partagés parmi les commissaires.
  • Stop Killing Games met en avant un enjeu de défense des consommateurs : des biens achetés qui peuvent devenir inaccessibles.
  • Le mouvement veut des amendements à la loi sur l'équité numérique pour mieux protéger les acheteurs.
  • Les organisateurs demandent aux citoyens de contacter leurs élus pour maintenir la pression.

Ce dossier avance lentement. Attendez-vous à des débats juridiques, à des échanges avec l'industrie et à beaucoup d'e-mails à vos représentants si vous voulez que les choses changent.