Carlson vise directement Trump
Le commentateur conservateur Tucker Carlson a vivement critiqué Donald Trump après la publication, le dimanche de Pâques, d’un message enflammé sur les réseaux sociaux contre l’Iran. Sa question, très simple et peu diplomatique, a donné le ton : « Qui vous croyez être ? »
Le président américain avait fixé à Téhéran une échéance, mardi soir, pour rouvrir le détroit d’Hormuz. Sa fermeture pendant la guerre a déjà fait grimper les prix mondiaux du pétrole, détail qui, manifestement, n’a pas suffi à calmer l’ambiance.
Trump a averti sur Truth Social que l’armée américaine bombarderait les ponts, les centrales électriques et d’autres infrastructures civiles iraniennes si rien n’était fait. Son message, volontairement provocateur, mêlait menace militaire et référence religieuse.
Une attaque jugée blasphématoire et dangereuse
Dans The Tucker Carlson Show, lundi, Carlson, opposé de longue date à toute intervention militaire contre l’Iran, s’est adressé directement au président.
Il a dénoncé un message publié le matin de Pâques et estimé que Trump se moquait de la religion de l’Iran. Selon lui, ce type de sortie ouvre la porte à une guerre de religion, ce qu’il présente comme une idée désastreuse.
Carlson a aussi soutenu que se moquer de la foi d’autrui revient à ridiculiser l’idée même de croyance. Il a développé l’argument habituel de la posture morale appliquée à Washington, à savoir qu’aucun être humain n’a le pouvoir de se prendre pour Dieu, encore moins au clavier d’un réseau social un matin de fête religieuse.
Le commentateur a ajouté que le grand message de toutes les religions, pris dans leur ensemble, est précisément que l’être humain n’est pas Dieu. D’après lui, seule une personne convaincue d’avoir ce statut peut écrire de cette façon.
« Ce n’est pas votre rôle »
Carlson a ensuite insisté sur un autre point, plus institutionnel. Selon lui, un président ne devrait jamais se moquer de l’islam. « Ce n’est pas votre rôle », a-t-il martelé, avant de rappeler que les États-Unis ne sont pas une théocratie.
Il a poursuivi en affirmant que le pays ne part pas en guerre contre d’autres systèmes religieux pour déterminer lequel serait le plus efficace. Et, à ses yeux, une théocratie finit toujours par abîmer la religion elle-même.
Dans le même épisode, Carlson a aussi évoqué la possibilité que cette guerre constitue, du point de vue chrétien, une attaque discrète mais redoutablement efficace contre ce qu’il considère comme la vraie foi, c’est-à-dire la croyance en Jésus.
La formule a été suffisamment excessive pour faire lever un sourcil à Meghan McCain, qui a résumé cette idée d’un mot, en la jugeant totalement délirante.
Une rupture déjà ancienne entre les deux hommes
Trump et Carlson ont longtemps été alliés, mais leur relation s’est tendue l’été dernier après les frappes baptisées Opération Midnight Hammer contre les installations nucléaires iraniennes.
L’ancien présentateur de Fox News avait alors exprimé une forte désapprobation et s’était heurté à des figures républicaines favorables à une ligne dure, dont le sénateur texan Ted Cruz.
Depuis, le président a affirmé que Carlson avait « perdu le nord », tandis que ce dernier a qualifié la guerre en cours d’« absolument répugnante et mauvaise ».
Des critiques venues aussi de la droite et des démocrates
Carlson n’a pas été le seul à réagir. L’ancienne députée républicaine Marjorie Taylor Greene a été parmi les premières à critiquer le message de Trump sur X, dimanche.
Elle a écrit que, le matin de Pâques, c’était cela que le président avait publié, avant d’appeler les membres de son administration qui se disent chrétiens à se mettre à genoux, à demander pardon à Dieu et à cesser d’adorer le président.
Dans une formule plus directe, elle a déclaré que Trump avait, selon elle, sombré dans la folie et que ceux qui l’entourent étaient complices.
Le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, a lui aussi réagi dimanche après-midi sur X. Il a décrit le message de Pâques comme « répugnant » et « déséquilibré », ajoutant qu’il y avait, selon lui, quelque chose qui ne tournait vraiment pas rond chez Donald Trump.



