Des services de renseignement fédéraux et locaux, ainsi que des responsables de la FIFA, ont alerté sur un risque réel que des extrémistes et des criminels cherchent à cibler la Coupe du monde 2026. Le tout survient au moment où des centaines de millions de dollars de financements de sécurité approuvés ont été retardés, ce qui ralentit la préparation des villes hôtes américaines.

Contexte et principaux risques

La Coupe du monde, qui se tiendra en juin et juillet 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique, attire naturellement une attention sécuritaire importante. Les services américains disent être en alerte renforcée depuis le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran, et craignent des menaces de représailles. Les scénarios évoqués incluent des attaques contre des infrastructures de transport et des troubles civils liés à la montée des tensions autour des politiques d'immigration.

Des fonds attendus mais bloqués

Un paquet de 625 millions de dollars de subventions fédérales pour la sécurité, inclus dans un texte budgétaire soutenu par les républicains et adopté en juillet 2025, a été retardé. La FEMA, chargée de distribuer ces sommes, avait indiqué en novembre qu'elle prévoyait d'allouer les fonds au plus tard le 30 janvier. Après des questions posées par des médias en mars, la FEMA a annoncé qu'elle avait finalement attribué les subventions et que l'argent servirait à "renforcer les préparatifs de sécurité".

Mais le délai a compliqué la logistique. Selon Mike Sena, président de la National Fusion Center Association, le processus d'attribution et les achats d'équipements peuvent prendre des mois. "Ce sera extrêmement serré", a-t-il résumé.

Menaces concrètes et rapports de renseignement

Des rapports locaux signalent des signaux préoccupants. Un rapport de décembre 2025 du New Jersey, qui accueillera notamment la finale, a mis en avant des attaques domestiques récentes, des projets terroristes déjoués et une prolifération de propagande extrémiste. Il évoque aussi la possibilité de rassemblements spontanés liés aux tensions internationales.

Un document de septembre 2025 mentionne un message en ligne incitant apparemment à attaquer l'infrastructure ferroviaire pendant le tournoi, affirmant qu'il y avait « de nombreuses occasions pour nous de faire dérailler ça ». Ces documents ont été obtenus via des demandes d'accès aux archives par un organisme de transparence.

Blocage politique et inquiétudes liées à l'immigration

Des élus démocrates ont pointé du doigt la secrétaire sortante du Département de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, en l'accusant d'avoir retardé la libération des fonds. L'année précédente, sous sa direction, le département avait aussi retenu des centaines de millions de dollars destinés à la sécurité intérieure pour une dizaine d'États dirigés par des démocrates et Washington DC, tout en demandant une intensification de l'application des lois sur l'immigration.

La Maison Blanche a renvoyé la responsabilité vers les démocrates, et un porte-parole a déclaré que le président était déterminé à faire de cet événement un succès et « qu'il devait être le plus sûr de l'histoire », ajoutant que « les démocrates doivent arrêter de jouer à des jeux ». Cette réponse figure dans un contexte tendu : depuis janvier 2025, des opérations d'agents en tenue masquée ont visé des personnes soupçonnées d'être en situation irrégulière et ont parfois entraîné la détention de touristes dans des aéroports.

Ces mesures et les interdictions de voyage imposées à des ressortissants de plus de trente pays, dont l'Iran, ont compliqué la situation. L'Iran discute avec la FIFA d'un déplacement possible de ses matchs au Mexique. D'autres pays dont des supporters pourraient être affectés par des restrictions, comme Haïti, la Côte d'Ivoire et le Sénégal, se sont qualifiés pour le tournoi.

Risques pour les Fan Festivals et réactions locales

Les événements "FIFA Fan Festival", où de larges foules se rassemblent autour d'écrans en plein air, sont considérés comme particulièrement sensibles. À Jersey City, un Fan Festival prévu à Liberty State Park pour toute la durée du tournoi a été annulé de manière inattendue et remplacé par des manifestations plus petites. Le gouverneur du New Jersey, Mikie Sherrill, a expliqué que des événements plus nombreux et plus restreints permettront à davantage de personnes de partager l'expérience. Une source impliquée dans l'organisation a précisé que des raisons de sécurité ont aussi joué dans la décision.

La représentante fédérale Nellie Pou, dont le district inclut le MetLife Stadium, a rappelé l'ampleur du défi en comparant chaque match des 104 rencontres du tournoi à un Super Bowl en termes de besoins de sécurité. Elle a insisté sur le fait que les autorités locales ont besoin de chaque dollar auquel elles ont droit, et qu'elles en ont besoin maintenant.

Ce qu'il faut retenir

  • Des briefings de renseignement soulignent un risque accru d'actes hostiles durant la Coupe du monde 2026.
  • 625 millions de dollars de subventions fédérales ont été retardés puis finalement attribués par la FEMA, après des demandes publiques.
  • Les autorités disent que le calendrier pour acheter du matériel et déployer des mesures de sécurité est très serré.
  • Les Fan Festivals et les infrastructures de transport figurent parmi les principales préoccupations.

Avec le coup d'envoi prévu le 11 juin au Mexique, suivi des matches aux États-Unis et au Canada, les organisateurs disposent de peu de temps pour transformer ces annonces en actions concrètes. Les responsables locaux espèrent que les fonds débloqués et une coordination renforcée permettront d'assurer la sécurité sans gâcher la fête.