Ce qu'il a dit
Dans une interview accordée à POLITICO, l'ancien conseiller pour l'Iran du gouvernement Trump, echo Swanson, estime que les pourparlers actuels entre les États-Unis et l'Iran ne vont pas bien se passer. Sa logique est simple et pas très rassurante : les deux camps sont irrationnellement confiants dans leurs positions et aucun ne paraît chercher sérieusement une sortie de crise. Résultat probable selon lui : le conflit va durer plus longtemps que prévu, avec des risques d'escalade.
Trump surpris par la riposte iranienne ?
Le président a dit être surpris par les représailles iraniennes contre des infrastructures énergétiques régionales. Swanson réagit en rappelant que ce n'est pas vrai que personne ne l'avait averti. Plusieurs personnes au sein du gouvernement avaient pointé le risque élevé. Selon Swanson, le président a juste choisi de ne pas les écouter. Il ajoute qu'il avait lui-même prévenu, avant d'être poussé hors du gouvernement.
Pourquoi les négociations butent
- L'Iran a rejeté les offres actuelles. Ce sont des formulations similaires à celles qu'il a déjà refusées.
- Téhéran se sent en position de force et estime qu'il doit imposer ses demandes, pas se plier aux conditions américaines.
- Du côté américain, la posture s'est durcie sous l'effet de la politique intérieure et des attentes externes sur des questions comme l'enrichissement nucléaire.
En clair, ni l'un ni l'autre ne semble prêt à faire des compromis sérieux.
Ce que l'Iran veut vraiment (selon Swanson)
Swanson identifie deux demandes concrètes venant de Téhéran :
- Une compensation financière pour compenser le contrôle qu'ils exercent désormais sur le détroit d'Hormuz. Cette réparation pourrait prendre la forme d'un allègement des sanctions.
- Une garantie qu'il n'y aura pas de nouvelle itération du même type de conflit tous les six mois. C'est une promesse difficile à formuler et à garantir.
Il note aussi que l'Iran a évolué depuis la guerre de juin. Le pays est devenu plus dur et moins flexible qu'avant.
Quelles options pour les États-Unis ?
Selon Swanson, il n'y a pas de solution magique. Deux voies principales se détachent :
- Escalader les opérations, ce qui peut inclure des actions au sol que l'administration envisage.
- Composer et trouver un compromis, ce qui suppose d'accepter que l'Iran ne capitule pas complètement.
Swanson pense que le président ne pourra pas imposer seul l'issue. Il suggère que les marchés pourraient être l'élément déclencheur d'un désengagement si l'impact économique devient sérieux. Apparemment, c'est le levier qui compte le plus pour l'actuel locataire de la Maison Blanche.
Ce que l'Iran a appris sur le terrain
Deux enseignements clés, selon Swanson :
- Contrôler le détroit d'Hormuz sans le fermer complètement est possible. Ce contrôle n'étouffe pas forcément l'économie iranienne et peut servir leurs intérêts.
- Les partisans d'une réponse militaire pensent avoir une confirmation de la valeur de la force. L'Iran peut se présenter comme résistant et en position de tenir.
Et la population iranienne dans tout ça ?
Swanson estime qu'il y a une répartition approximativement égale entre :
- Ceux qui sont clairement anti-régime.
- Ceux qui soutiennent le régime.
- Ceux qui veulent simplement une vie meilleure et restent en retrait par peur des conséquences.
Les indécis se marginalisent et préfèrent éviter de s'impliquer. Selon lui, la population risque d'être utilisée comme prétexte ou monnaie d'échange dans cette confrontation, et pour l'instant rien n'indique un mouvement massif vers un changement de régime.
Conclusion
Le message principal de Swanson est simple et froid : les négociations ne vont probablement pas aboutir pour l'instant, et le risque d'une guerre plus longue et plus intense est réel. Les options sont limitées et douloureuses, et le facteur économique pourrait bien être ce qui décidera du rythme des choses.