Les autorités afghanes disent que des femmes et des enfants figurent parmi les victimes des frappes.

Publié le 13 mars 2026

Ce que disent les autorités afghanes

Le gouvernement taliban affirme que des appareils pakistanais ont mené des frappes aériennes nocturnes qui ont touché des habitations à Kaboul et près de Kandahar. Selon les autorités de Kaboul, quatre personnes ont été tuées dans la capitale et deux autres dans l'est du pays. Les victimes comprendraient des femmes et des enfants.

Une attaque près d'un aéroport

Le porte-parole du gouvernement, Zabihullah Mujahid, a aussi déclaré que des dépôts de carburant appartenant à la compagnie privée Kam Air, situés près de l'aéroport de Kandahar, ont été touchés par les frappes.

La version pakistanaise

De leur côté, des sources sécuritaires pakistanaises affirment avoir réalisé des «frappes aériennes réussies» contre quatre «cachettes terroristes» à Kaboul et dans des provinces frontalières. Elles disent aussi avoir détruit un stockage d'huile à l'aéroport de Kandahar. Pakistan maintient qu'il ne cible pas les civils.

Témoignage

Abdul Wahid, 29 ans, ouvrier journalier, a raconté à l'agence de presse que sa maison a été touchée vers 00h10. Il dit s'être retrouvé enseveli sous des briques avec quatre membres de sa famille. "Je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite. Toutes ces briques sont tombées sur moi. Des femmes et des enfants étaient sous les décombres", a-t-il déclaré. Ses voisins les ont finalement dégagés et emmenés en clinique.

Bilan humain et déplacements

  • Le gouvernement taliban a indiqué que, depuis mardi, sept personnes avaient été tuées dans les affrontements transfrontaliers. Ce chiffre pourrait augmenter après les nouveaux raids.
  • La mission des Nations unies en Afghanistan a estimé qu'environ 56 civils avaient été tués lors d'opérations militaires pakistanaises entre le 26 février et le 5 mars, dont 24 enfants.
  • Le conflit a aussi forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir. Selon l'ONU, près de 115 000 personnes ont été déplacées.

Contexte et accusations réciproques

Les échanges de tirs se sont intensifiés à partir du 26 février, quand Kaboul a lancé une offensive le long de la frontière en réponse à des frappes pakistanaises visant le groupe taliban pakistanais. Le conflit régional a par ailleurs été éclipsé par l'ouverture d'un front plus large au Moyen-Orient, après des attaques entre les États-Unis, Israël et l'Iran.

Islamabad accuse Kaboul de donner refuge à des combattants du Pakistan Taliban et à des militants affiliés à l'État islamique dans la province du Khorasan. Les autorités afghanes rejettent ces accusations. Les bilans humains communiqués par les deux camps sont difficiles à vérifier de manière indépendante.

Réponses et conséquences militaires

Les autorités pakistanaises ont confirmé la mort d'environs 12 soldats et 27 blessés dans les récents combats, alors que les talibans assurent avoir tué plus de 150 soldats pakistanais, chiffre invérifiable de façon indépendante. Les appels internationaux à la retenue semblent pour l'instant rester lettre morte.

En résumé : Kaboul et Islamabad se renvoient la responsabilité d'attaques qui ont fait des victimes civiles. Le conflit, déjà grave, continue de provoquer des pertes humaines et d'importants déplacements de population, pendant que la région regarde ailleurs, préoccupée par une escalade plus large au Moyen-Orient.