Un choix sans suspense, comme souvent
Dimanche, les ministres arabes des Affaires étrangères ont nommé le diplomate égyptien chevronné Nabil Fahmy au poste de secrétaire général de la Ligue arabe, qui compte 22 membres. La décision a été prise lors d’une réunion virtuelle, selon le ministère égyptien des Affaires étrangères. Le calendrier régional, lui, continue de faire ce qu’il fait de mieux: compliquer tout le reste.
Fahmy, ancien ministre égyptien des Affaires étrangères et contributeur de longue date à Independent Arabia depuis 2019, prendra ses fonctions pour un mandat de cinq ans en juillet. Il succédera à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016.
Une nomination conforme aux usages de la Ligue arabe
Le diplomate était le seul candidat en lice. Ce n’est pas vraiment une surprise: depuis la création de la Ligue arabe en 1945, l’Égypte, pays hôte de l’organisation, a généralement le réflexe de proposer le nom de son propre représentant pour diriger l’institution.
L’unique exception remonte à 1979, lorsque le Tunisien al-Shazly al-Qalibi a été nommé à ce poste après la suspension de l’adhésion de l’Égypte à la suite du traité de paix avec Israël. Le Caire a réintégré la Ligue en 1989, le siège de l’organisation étant revenu à Cairo l’année suivante, avec la nomination d’un nouveau secrétaire général égyptien en 1990.
Un diplomate expérimenté
Âgé de 75 ans, Nabil Fahmy a dirigé la diplomatie égyptienne de juillet 2013 à juin 2014, pendant une période de forte turbulence politique en Égypte après la destitution par l’armée d’un président islamiste élu, dont le court mandat avait profondément divisé le pays.
Avant cela, il avait été ambassadeur d’Égypte aux États-Unis de 1999 à 2008.
Sur le plan académique, il a aussi fondé l’École des affaires mondiales et de la politique publique de l’Université américaine du Caire, dont il est aujourd’hui doyen émérite.
Une lignée diplomatique
Fahmy est le fils d’Ismail Fahmy, ministre égyptien des Affaires étrangères de 1973 à 1977. Ce dernier avait démissionné pour protester contre la visite historique du président Anouar el-Sadate à Jérusalem, un geste qui a ensuite ouvert la voie à l’établissement des relations diplomatiques entre l’Égypte et Israël, une première dans le monde arabe.
La nomination de Nabil Fahmy intervient alors que les voisins arabes de l’Iran subissent des attaques menées par Téhéran et ses alliés, en réaction aux frappes aériennes massives lancées par les États-Unis et Israël depuis le 28 février. Autant dire que la Ligue arabe n’aura pas besoin de chercher longtemps son dossier le plus urgent.