Ce qui s'est passé

Oudone Lothirath est arrivé aux États-Unis alors qu'il était enfant, avec sa famille, après avoir fui le Laos dans les années 1980. À 57 ans, il se battait contre un lymphome de Hodgkin en phase terminale. En janvier, pendant une vague d'interventions migratoires dans le Minnesota, il a été arrêté par des agents de l'immigration et transféré loin de chez lui.

Détention et interruptions de traitement

  • Il a été emmené de Minneapolis jusqu'à El Paso, Texas, à plus de 1 300 miles de distance. Là-bas, sa famille dit qu'il a dormi sur une couchette dans une grande tente avec environ 60 autres détenus.
  • Pendant sa détention, il a manqué au moins deux séances de chimiothérapie.
  • À sa libération, il était si affaibli qu'il a été hospitalisé immédiatement et a manqué deux autres séances, dont une parce qu'il était trop malade pour se présenter et une autre lors d'un séjour hospitalier de huit jours.

Selon sa proche et aide-soignante, Christina Vilay, ces interruptions ont permis au cancer de progresser et d'atteindre la moelle osseuse. Vilay dit que s'il avait reçu les cinq séances prévues de chimiothérapie en janvier, il aurait probablement eu plusieurs mois supplémentaires, peut-être une année.

Son état et les soins actuels

  • Oudone reçoit maintenant des soins palliatifs à domicile à Minneapolis. Il est très faible et ne peut presque plus parler.
  • Il a aussi des problèmes de santé chroniques: il prend de l'insuline pour le diabète et des médicaments pour une maladie cardiaque.
  • Ses proches organisent des rites bouddhistes et prévoient sa crémation pour qu'il repose auprès de son père.

Contexte personnel et administratif

  • Sa famille a fui le régime communiste au Laos après 1975, a séjourné dans un camp de réfugiés en Thaïlande, puis s'est installée dans le Minnesota.
  • Peu après leur arrivée aux États-Unis, le père d'Oudone est mort d'un cancer, un coup dur pour la famille.
  • À 22 ans, Oudone a été reconnu coupable d'avoir aidé à un drive-by shooting. Il a purgé six mois de détention en prison de comté. Ce dossier a empêché sa naturalisation et l'a obligé à des contrôles réguliers auprès des services d'immigration.
  • En 2023, il a reçu une autorisation de travail délivrée par les services d'immigration.

Pendant la récente opération d'immigration, sa photo d'arrestation a été partagée dans un classement publié par la Maison Blanche qui l'incluait dans un regroupement des cas dits "les pires du Minnesota". Les autorités ont mentionné une condamnation pour agression aggravée avec arme à feu.

Réactions et démarches des proches

Christina Vilay, qui a rencontré Oudone au temple bouddhiste local il y a trois ans, a fait pression sur ses médecins pour qu'ils écrivent au directeur du centre de détention et expliquent l'urgence médicale. C'est après ces démarches qu'il a été libéré et rapatrié à Minneapolis.

Vilay a gardé contact régulier avec l'équipe d'oncologie d'Oudone. Elle a aussi organisé une collecte de fonds pour aider aux frais médicaux et funéraires, et elle a accueilli chez elle une cérémonie Baci, rite bouddhiste de bénédiction.

Ce que cela soulève

  • Interruption d'un traitement médical essentiel pendant une mesure d'éloignement soulève des questions sur la prise en charge sanitaire des personnes détenues.
  • Le cas illustre la manière dont des erreurs judiciaires ou des condamnations anciennes peuvent continuer à impacter la vie et la santé d'une personne des décennies plus tard.

En résumé

Oudone Lothirath, réfugié arrivé aux États-Unis enfant, a vu son traitement contre un lymphome interrompu après une courte détention par les autorités d'immigration. Ses proches estiment que ces interruptions ont accéléré la progression de la maladie. Aujourd'hui, il reçoit des soins de fin de vie entouré de proches à Minneapolis.

Remarque : le Département de la Sécurité intérieure n'avait pas répondu immédiatement aux demandes de commentaire selon les informations disponibles au moment du récit.