Le Détroit d'Ormuz transporte une part importante du pétrole mondial. Depuis le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran, Téhéran a affirmé que le passage resterait fermé aux navires américains et à ceux de leurs alliés, tout en laissant entendre qu'il ferait des exceptions. Le résultat : des prix du pétrole qui grimpent et des pays qui demandent une dérogation pour leurs navires.
Contexte rapide
Le 2 mars, un conseiller supérieur des Gardiens de la révolution a annoncé que le détroit était « fermé » et que les forces iraniennes répondraient « en mettant le feu » aux navires qui tenteraient de franchir. Cette déclaration a fait bondir les cours du pétrole, le baril passant d'environ 65 dollars avant la guerre à plus de 100 dollars.
Qui a obtenu le droit de passage ?
Pakistan
Un tanker affrété sous pavillon pakistanais, de type Aframax et nommé Karachi, a pu sortir du Golfe par le détroit. L'information a été rapportée par des agences de presse.
Inde
L'ambassadeur d'Iran en Inde a indiqué que Téhéran avait autorisé quelques navires indiens à traverser, une exception rare à ce qui ressemble à un blocus. Le gouvernement indien a précisé que deux méthaniers indiens transportant du gaz de pétrole liquéfié à destination de ports de l'ouest de l'Inde ont franchi le détroit en toute sécurité.
Turquie
Plusieurs navires turcs attendaient près des eaux iraniennes. Les autorités turques ont confirmé qu'un navire appartenant à des intérêts turcs et qui avait utilisé un port iranien a reçu l'autorisation de passage de Téhéran et a traversé le détroit.
Chine
Selon des sources diplomatiques, la Chine est en discussion avec l'Iran pour obtenir un passage sécurisé pour ses pétroliers et pour des navires transportant du gaz liquéfié qatari. La Chine dépend fortement du corridor d'Ormuz et reçoit près de 45 % de son pétrole via ce passage.
France et Italie
Des demandes de discussion avec l'Iran au sujet du passage de navires ont été rapportées pour la France et l'Italie. Les détails n'ont pas été rendus publics.
La proposition américaine d'une coalition navale
Le président des États-Unis a appelé à la formation d'une coalition navale pour sécuriser le détroit en rassemblant des navires d'États affectés par cette perturbation. Il a cité plusieurs pays comme cibles potentielles pour cette opération, mais aucune des nations mentionnées n'a confirmé sa participation.
- Plusieurs pays européens et asiatiques ont refusé ou n'ont pas donné de réponse positive.
- L'Allemagne et la Grèce ont clairement exclu toute implication militaire pendant que le conflit dure.
- Le Royaume-Uni a dit qu'il ne veut pas être entraîné dans une guerre plus large.
Un analyste de la sécurité au Moyen-Orient a résumé la situation en rappelant deux réalités pratiques : beaucoup d'alliés étaient opposés à cette guerre initialement, et déployer une flotte pour protéger un couloir maritime demande du temps et de la logistique. En clair, ce n'est pas une opération que l'on monte en quelques heures.
En résumé : quelques navires de pays précis ont reçu l'autorisation de traverser le détroit, et plusieurs autres nations négocient ou ont demandé la possibilité d'un passage sûr. Mais la plupart des puissances hésitent à s'engager militairement, et la situation reste fragile, avec des conséquences directes sur le marché de l'énergie.