Bonne nouvelle pour ceux qui aiment les feuilletons politiques: de nouveaux documents publiés révèlent que le bureau du Premier ministre avait signalé des risques liés à la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur au Royaume-Uni aux États-Unis. Moins bonne nouvelle pour l'image publique du processus de nomination.
Que disent les documents?
Un rapport préparé pour le Premier ministre neuf jours avant l'annonce officielle évoque des «risques généraux» pour la réputation de Mandelson. Le dossier cite notamment une enquête de 2009 menée par JP Morgan qui soulignait «la relation particulièrement proche» entre Mandelson et Jeffrey Epstein, et ce même après la première condamnation de ce dernier aux États-Unis pour des faits liés à la prostitution de mineurs.
Parmi les archives mentionnées figure aussi un document conservé aux archives nationales britanniques attestant au moins d'une rencontre entre l'ancien Premier ministre Tony Blair et Jeffrey Epstein, rencontre qui aurait été facilitée à l'époque par Mandelson.
La défense de Downing Street et la contre-réplique
Ces éléments semblent contredire la version selon laquelle le Premier ministre n'aurait pas été pleinement informé des «squelettes dans l'armoire» de Mandelson ou des mensonges que ce dernier lui aurait racontés. Le débat a été immédiatement vif à la Chambre des communes après la diffusion partielle des documents, et l'opposition n'a pas manqué d'attaquer le gouvernement après la prise de parole du ministre chargé de répondre au dossier.
Un dossier incomplet pour l'instant
Les documents publiés aujourd'hui ne représentent qu'une partie du matériel prévu pour diffusion. Autrement dit, d'autres révélations pourraient suivre, ce qui entretient une certaine nervosité au sein du camp au pouvoir.
Argent et timing
Parmi les pièces embarrassantes révélées figurent des détails sur la généreuse indemnité que Mandelson a reçue après son départ anticipé d'un poste: initialement annoncée à 547 000 livres sterling après seulement neuf mois de mandat, cette somme aurait ensuite été ramenée à 75 000 livres payées par le Trésor à la suite d'une transaction négociée en pleine tempête médiatique.
Le conseiller à la sécurité nationale du Royaume-Uni à l'époque, Jonathan Powell, a qualifié la nomination de Mandelson d'«étrangement hâtive», selon le compte rendu d'un échange téléphonique avec le conseiller juridique du Premier ministre.
Ce que ça veut dire
- Les documents confirment que des signaux d'alerte existaient avant la nomination.
- La question de savoir qui savait quoi et quand risque de rester au centre des débats politiques.
- La publication n'est pour l'instant qu'un épisode, pas la saison finale.
Bref, le dossier est ouvert, la controverse continue, et le public attend la suite. Restez branchés, mais gardez votre sens de l'humour: en politique, la marche arrière n'est jamais simple.