Bonne nouvelle pour les Démocrates californiens : si l'ancienne gloire de la télé-réalité Hilton continue de grappiller des voix chez les électeurs républicains, elle pourrait finir par jouer les trouble-fêtes et empêcher une victoire nette du camp adverse. Comme le résume Jack Citrin, expert en science politique : « si Hilton commence à prendre des voix à Bianco dans cet électorat républicain solide, cela rendrait la chose moins probable. »
Qui est en tête (et qui rame) ?
Le sondage place trois candidats démocrates dans le peloton de tête : Steyer, Swalwell et Porter. Les autres se battent pour des miettes en chiffres simples. Voici les pourcentages relevés auprès des électeurs probables :
- Xavier Becerra : 5%
- Antonio Villaraigosa : 4%
- Matt Mahan : 3%
- Betty Yee : 2%
- Tony Thurmond : 1%
- Ian Calderon (s'est retiré après le sondage) : 2%
Les influenceurs ont d'autres goûts
Un sondage parallèle auprès d'un public d'influenceurs politiques donne un classement différent : Swalwell arrive en tête chez eux, suivi par Mahan, Steyer et Porter. En clair, ce qui plaît aux coulisses politiques ne se traduit pas toujours directement chez l'électeur lambda.
Matt Mahan : beaucoup de bruit dans la tech, peu de reconnaissance dans la rue
Le candidat soutenu par des acteurs du secteur technologique a débarqué tard et bruyamment, mais son nom reste inconnu d'une large part des électeurs : près de 30% déclarent ne jamais avoir entendu parler de lui, et un pourcentage similaire ne sait pas quoi en penser. Malgré son profil centriste et son discours de rassembleur, seulement 2% des républicains l'appuient dans ce sondage.
À l'inverse, Steyer, qui pousse un agenda résolument progressiste et a abondamment investi en publicité, obtient 5% d'appuis chez les électeurs républicains, signe que la notoriété et les dépenses peuvent produire des effets inattendus.
Vote latino et dynamique des candidatures
Les deux candidats latinos, Becerra et Villaraigosa, peinent à capter l'électorat latino, chacun à 8% chez les électeurs latinos probables. Hilton fait mieux avec 15% dans ce groupe, et Steyer suit à 14%. Comme le note Citrin, dans une certaine mesure, Becerra et Villaraigosa se partagent les mêmes voix.
Indécis et images publiques
- Indécis globalement : 17% des électeurs probables
- Indécis chez les républicains : 7%
- Indécis chez les démocrates : 19%
- Indécis chez les indépendants : 32%
Les principaux candidats démocrates ont des bilans d'image mitigés. Exemple : Porter est perçue favorablement par 36% et défavorablement par 39% de l'ensemble des électeurs. Steyer et Swalwell affichent des écarts plus serrés entre appréciations favorables et défavorables. Parmi les électeurs démocrates, Porter obtient 55% d'opinions favorables. Chez les indépendants, en revanche, tous trois sont davantage vus négativement, Swalwell se retrouvant avec seulement 12% d'avis favorables contre 26% défavorables.
Deuxième choix : révélation des alliances
Les choix secondaires des électeurs montrent des regroupements intéressants. Parmi tous les électeurs, Bianco et Hilton figurent souvent en seconde option, ce qui confirme leur stature comme les deux grandes figures républicaines du scrutin. Chez les démocrates, Porter est la seconde option la plus citée (12%).
Quelques chiffres sur les reports :
- Près de 40% des électeurs de Swalwell choisissent Porter en second choix.
- 25% des électeurs de Porter désignent Swalwell comme second choix.
- Steyer est le second choix favori de 18% des partisans de Becerra et de Villaraigosa.
Ce que veulent les électeurs
Environ 40% des électeurs probables disent privilégier « une perspective nouvelle venue de l'extérieur de la politique ». Ce critère est particulièrement recherché par les républicains et les indépendants. Les démocrates, tout en appréciant un outsider, accordent autant d'importance à l'expérience dans les institutions publiques ou à un passé en fonction élective.
Méthodologie et marge d'erreur
Les données proviennent de sondages parallèles menés début 2026. L'enquête auprès des électeurs probables a été réalisée en ligne en anglais et en espagnol entre le 25 février et le 3 mars 2026, auprès d'un échantillon de 1 004 électeurs inscrits sélectionnés au hasard. Les résultats ont été pondérés selon des références nationales et l'enregistrement des électeurs californiens. Une étude parallèle, conduite entre le 24 février et le 3 mars 2026, a interrogé un public d'influenceurs politiques et de décideurs. La marge d'erreur est d'environ plus ou moins 3,3 points pour l'enquête auprès des électeurs et plus ou moins 3,7 points pour l'étude des influenceurs.
En résumé : si Hilton continue à grignoter l'électorat républicain, elle pourrait involontairement jouer les pompiers pour les Démocrates. Rien n'est joué, mais le paysage s'annonce assez fragmenté pour rendre la course plus imprévisible et, avouons-le, plus divertissante que prévu.