Un rachat qui met le feu aux poudres

Nexstar Media propose d’acheter Tegna pour 6,2 milliards de dollars. Si l’opération aboutit, le groupe contrôlerait 265 stations locales, bien au-delà du plafond de 39% fixé par la FCC. Huit États ont décidé de monter au créneau pour empêcher cette fusion, estimant qu’elle concentrerait trop de pouvoir dans les mains d’un seul acteur.

Les chiffres qui donnent le vertige

  • Nexstar possède ou exploite 201 stations dans 116 marchés.
  • Tegna détient 64 stations dans 51 marchés.
  • Après fusion, le groupe atteindrait 265 stations et, selon les plaignants, toucherait 80% des foyers américains équipés de télévision.

Qui attaque et pourquoi

Les procureurs généraux de Californie, New York, Colorado, Illinois, Oregon, Caroline du Nord, Connecticut et Virginie ont déposé une plainte conjointe devant la cour fédérale du district Est de Californie. Ils invoquent la section 7 du Clayton Act, qui interdit les fusions susceptibles de réduire sensiblement la concurrence ou de créer un monopole.

Rob Bonta, procureur général de Californie, a déclaré que la fusion entraînerait « des niveaux de concentration incroyablement élevés sur les marchés télévisuels locaux » et qu’elle risquait d’augmenter les tarifs des bouquets câble et satellite, tout en causant « un tort irréparable » à l’information locale. Il a résumé la position de son bureau ainsi: « Cette fusion est illégale, tout simplement. »

New York a ajouté que la transaction mettrait en péril la diversité des sources d’information locales et pourrait faire grimper les factures des consommateurs en regroupant des centaines de stations sous un seul propriétaire.

Les risques pointés par les États

  • Hausse des prix pour les abonnés câble et satellite.
  • Réduction du nombre de rédactions indépendantes dans les marchés où Nexstar possède plusieurs stations.
  • Diminution de la diversité des voix et de la couverture locale.

La défense de Nexstar et le soutien politique

Nexstar affirme que l’union avec Tegna renforcera la viabilité des chaînes locales et préservera l’information locale. Perry Sook, président et directeur général de Nexstar, a qualifié la fusion d’essentielle pour l’avenir de la télévision et du journalisme locaux.

Sur le plan politique, l’administration du président Donald Trump et le président de la FCC, Brendan Carr, ont publiquement encouragé la transaction. Le 7 février 2026, le président Trump a posté sur les réseaux sociaux un message en faveur de l’accord, demandant d’aller de l’avant et affirmant que la fusion aiderait à lutter contre ce qu’il appelle les « fausses informations » diffusées par certains réseaux nationaux. Brendan Carr a réagi en soutenant également la réalisation de l’opération et en plaidant pour la suppression de la règle de propriété télévisuelle datant de plusieurs décennies.

Les procureurs généraux répondent que cette posture fédérale privilégie les intérêts des entreprises au détriment des consommateurs et de l’application des lois antitrust.

Objectif de la plainte

La plainte demande au tribunal de déclarer la fusion illégale et d’ordonner une injonction permanente pour empêcher Nexstar et Tegna de finaliser l’acquisition. Les États soutiennent que le blocage est nécessaire pour protéger la concurrence, les choix des téléspectateurs et la santé des rédactions locales.

La bataille judiciaire ne fait que commencer. Si le tribunal suit les procureurs généraux, le projet de Nexstar pourrait être stoppé net. Si le tribunal se range du côté de Nexstar ou si la FCC accorde une dérogation, le paysage des médias locaux changerait de façon significative.