Lors de leur première comparution devant un tribunal fédéral depuis leur mise en accusation en janvier, Nicolás Maduro et María Flores sont apparus en tenue couleur sable. Flores avait les cheveux blonds attachés en queue de cheval. Maduro, les chevilles menottées, a serré la main de ses avocats en entrant et a pris des notes tout au long de l'audience.

Le point central: une licence bloquée

Le juge Alvin Hellerstein n'a pas rendu de décision finale sur la question des frais d'avocat. Il a néanmoins suggéré qu'en l'absence d'une licence émise par le département du Trésor, la seule solution formelle serait de rejeter l'affaire. Puis il a ajouté clairement qu'il n'entendait pas aller jusque-là.

« Je ne vais pas rejeter l'affaire, » a déclaré Hellerstein d'un ton sec, ce qui a provoqué des rires dans la salle.

La défense, un droit prioritaire

Le juge a résumé la question de manière nette: il faut se demander si une licence spécifique devrait être accordée ici parce que le droit de se défendre est primordial. Le procureur federal Kyle Wirshba a répondu que l'administration refusait la licence pour des motifs liés à la sécurité nationale et à la politique étrangère.

Hellerstein a répliqué que, selon lui, il n'y avait pas d'intérêt de sécurité nationale qui justifie de bloquer le droit de se défendre. Sa formulation a souligné le contraste entre les préoccupations du gouvernement et la protection constitutionnelle du prévenu.

Les problèmes pratiques soulevés par le juge

Maduro et Flores ont déclaré dans des documents que leurs moyens financiers ne suffisent pas à payer leur défense. Les procureurs ont suggéré que des défenseurs fédéraux ou des avocats commis d'office pourraient prendre en charge le dossier.

Hellerstein a estimé que cette affaire est particulièrement singulière et complexe. Selon lui, les exigences de l'enquête et le volume de travail demandé rendraient la prise en charge par ces avocats impossible sans épuiser leurs ressources.

En résumé:

  • Le juge a mis en évidence un dilemme: soit le Trésor accorde une licence pour que le Venezuela paie la défense, soit, d'un point de vue procédural, l'affaire risquerait d'être rejetée.
  • Hellerstein a indiqué qu'il n'irait pas jusqu'au rejet de l'affaire malgré l'impasse sur la licence.
  • Le juge a considéré que déléguer le dossier à des avocats publics surchargerait leurs capacités en raison de la complexité du dossier.

Préoccupation médicale pour Flores

Au-delà du débat sur les frais d'avocat, l'avocat de María Flores, Mark Donnelly, a alerté le tribunal sur un problème de santé: elle souffre d'un prolapsus de la valve mitrale. Selon son conseil, elle a besoin en urgence d'un échocardiogramme pour évaluer son état.

L'audience a donc mêlé questions procédurales, enjeux de sécurité nationale et préoccupations médicales, laissant le tribunal face à un dilemme qui dépasse la simple question financière.