Un plaisir qui s’effrite
Max Verstappen a reconnu qu’il doit se rappeler en permanence de « tout donner » cette saison en F1, une attitude qu’il juge lui-même « pas très saine » tant il prend peu de plaisir actuellement.
Le Néerlandais, quadruple champion du monde, ne cache plus son agacement face aux nouvelles règles et à ce qu’il pense des voitures de 2026. À force, il a même laissé entendre qu’il pourrait envisager un départ du championnat à la fin de l’année, alors qu’il assurait auparavant ne pas y penser.
« Je veux être là pour m’amuser, passer un bon moment et profiter », a-t-il expliqué. « En ce moment, ce n’est pas vraiment le cas. »
Il dit encore apprécier certains aspects de son métier, notamment le travail avec son équipe, qu’il décrit comme une seconde famille. Mais une fois installé dans la voiture, le plaisir disparaît vite. Détail pratique, sans doute très utile quand on fait partie des meilleurs pilotes du monde.
« J’essaie, je me répète chaque jour d’essayer d’en profiter. C’est juste très difficile », a-t-il ajouté.
Une motivation sous pression
Le contexte n’aide pas. Après trois manches, Verstappen pointe seulement à la neuvième place du classement, dans une saison mal lancée pour Red Bull. La RB22 s’est révélée compliquée à exploiter, tandis que le nouveau groupe motopropulseur développé avec Ford semble prometteur, même si le projet en est encore à ses débuts.
Le pilote de 28 ans insiste toutefois sur un point : son malaise ne vient pas uniquement des résultats. Selon lui, le vrai problème est ailleurs, dans la difficulté à rester pleinement engagé quand l’envie n’est plus là.
« Ce que j’entends souvent chez les sportifs, c’est qu’on commence par aimer ce qu’on fait avant de pouvoir s’y consacrer à 100 % », a-t-il expliqué.
Verstappen affirme continuer à donner le maximum sur chaque week-end de course, mais reconnaît que cet effort devient de plus en plus pénible.
« J’ai l’impression de m’investir à 100 % et j’essaie toujours. Mais le fait de devoir me dire de donner 100 %, je pense que ce n’est pas très sain en ce moment, parce que je n’aime pas ce que je fais », a-t-il dit.
Il a enfin tenu à préciser que ses propos ne relèvent pas d’une simple réaction à un mauvais début de saison. Anticipant déjà les critiques, il a résumé la logique qu’on pourrait lui prêter, avant de la rejeter lui-même : oui, il a gagné de nombreux titres et courses, mais non, sa frustration ne se limite pas au fait que la voiture ne soit pas au niveau.