L'escalade du conflit en Iran, impliquant des attaques d'Israël et des États-Unis et les réponses de Téhéran envers les États du Golfe comme le Koweït, les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, a contraint la FIA à reporter la manche d'ouverture du Championnat du Monde d'Endurance (WEC) à Losail, au Qatar. Cette décision intervient seulement 20 jours avant le prologue prévu et la course de 1 812 km du 26 au 28 mars. La structure du calendrier du WEC permet une tentative de reprogrammation après la course de Fuji et avant Bahreïn, avec l'espoir de revenir au Moyen-Orient en novembre si le conflit s'apaise. Sinon, les implications dépassent largement le sport.

La F1 face à des décisions critiques

L'attention se tourne maintenant vers la Formule 1, qui a deux événements à venir dans la région : le Grand Prix de Bahreïn le 12 avril et le Grand Prix d'Arabie saoudite le 19 avril, programmés deux et trois semaines après la course reportée du WEC. L'ouverture de saison maintiendra la F1 dans la zone Asie-Pacifique jusqu'au GP du Japon le 29 mars, mais une décision sur la faisabilité du GP de Bahreïn est nécessaire plus tôt. Des questions clés se posent : Les conditions de sécurité permettront-elles au cirque de la F1 d'opérer dans ce qui est effectivement une zone de guerre, atterrissant à Manama avant toute activité sur piste ? Actuellement, il n'y a aucune garantie de sécurité dans toute la région.

Course ou remplacement : Des alternatives à enjeux élevés

Avec 24 courses au calendrier, la F1 manque de flexibilité pour reprogrammer le GP de Bahreïn, par exemple en le plaçant près d'Abou Dhabi, sans perturbations majeures. Des changements de date imprévisibles sont improbables, surtout compte tenu du contrat de Las Vegas pour accueillir la F1 le week-end de Thanksgiving. L'alternative à la tenue du GP de Bahreïn le 12 avril semble être l'annulation et le remplacement par une course ailleurs. Bahreïn est l'un des hôtes les mieux payés de la F1, avec des frais annuels estimés à 60 millions de dollars, similaires aux 55 millions de dollars de l'Arabie saoudite pour la course de Djeddah. Une plus grande distance par rapport aux lignes de front du conflit ne garantit pas la sécurité, car l'emplacement de Djeddah sur la mer Rouge n'est pas à l'abri d'attaques de missiles potentielles.

La Turquie émerge comme une option sûre théorique

Alors, quelle est la suite ? En attendant que la FIA et la F1 annoncent leurs choix, des discussions récentes suggèrent la Turquie comme alternative principale pour remplacer les courses de Bahreïn et d'Arabie saoudite, avec un retour potentiel au calendrier dans les années à venir. Sa sécurité relative découle des relations diplomatiques de la Turquie avec l'Iran sous la présidence d'Erdogan. D'autres options comme Imola, Portimao ou Mugello déplaceraient le championnat vers des territoires géopolitiquement plus calmes. Ces scénarios concernent les événements de F1 les plus immédiats dans la péninsule arabique.

Les risques de conflit plus larges s'étendent à l'Azerbaïdjan

Dans un scénario catastrophe où le conflit persiste pendant des mois et s'étend à d'autres pays, l'Azerbaïdjan pourrait devenir un autre point chaud. La F1 est programmée pour y courir en septembre, et aujourd'hui, deux drones iraniens se sont écrasés près de l'aéroport de Nakhchivan dans une exclave azerbaïdjanaise entre l'Iran et l'Arménie, soulignant les tensions régionales persistantes.