Michael Rousseau, le directeur général d'Air Canada, a présenté des excuses publiques après la polémique provoquée par une vidéo de condoléances diffusée en anglais. Dans cette vidéo de quatre minutes, seules deux paroles en français apparaissaient, bonjour et merci, ce qui a enflammé les critiques, notamment au Québec.

Ce qui s'est passé

La vidéo a été publiée après l'accident mortel survenu à l'aéroport de LaGuardia, où un avion d'Air Canada Jazz a heurté un véhicule de pompiers lors de l'atterrissage. Les deux pilotes à bord, Antoine Forest et Mackenzie Gunther, sont décédés. Antoine Forest était francophone et originaire du Québec.

La réponse de Rousseau

Rousseau a déclaré qu'il était profondément attristé que son incapacité à s'exprimer en français ait détourné l'attention du deuil des familles et du travail des employés. Il a ajouté qu'il s'excusait sincèrement et qu'il poursuivait ses efforts pour s'améliorer en français.

Réactions politiques et publiques

  • Le premier ministre du Québec, François Legault, a demandé la démission du PDG.
  • Des personnalités publiques, dont Mark Carney, ont critiqué le message et le manque de sensibilité et de jugement.
  • Le bureau du commissaire aux langues officielles a reçu des centaines de plaintes concernant la vidéo.

La controverse rappelle une précédente affaire en 2021, quand un discours presque exclusivement en anglais avait déjà provoqué des critiques. À l'époque, Rousseau avait promis d'apprendre le français et avait suivi des cours, mais les résultats sont jugés insuffisants par plusieurs observateurs.

Contexte

Air Canada a son siège à Montréal, dans la province de Québec, où le français est la langue principale pour une large majorité de la population. Le statut bilingue du Canada et la place du français au Québec rendent particulièrement sensibles les questions de langue dans les communications publiques.

Le professeur Daniel Béland a rappelé que la situation linguistique peut provoquer de fortes réactions au Québec. De son côté, l'ancien ministre conservateur Jason Kenney a estimé que le PDG devrait prioriser la sécurité et la fiabilité de la compagnie plutôt que de consacrer son temps à des cours de langue.

Ce que cela signifie

La polémique ne change pas les faits techniques de l'accident, mais elle met en lumière la sensibilité autour de la langue et de l'identité au Canada, et la responsabilité des dirigeants d'entreprises à communiquer de façon adaptée au public qu'ils servent.

Rousseau a réitéré ses excuses et assuré qu'il continuerait à travailler son français. Les appels à des explications supplémentaires de la part du conseil d'administration d'Air Canada persistent, et la controverse est loin d'être close.