Les États-Unis ont présenté à l'Iran un plan en 15 points censé permettre de mettre fin au conflit qui dure depuis près d'un mois. Réponse de Téhéran, citée par une source diplomatique à Al Jazeera : la proposition est « extrêmement maximaliste et déraisonnable » et « pas belle même sur le papier ». L'accord n'est donc pas signé, pas même gribouillé.

Médiation à trois voix : Pakistan, Égypte, Turquie

Officiellement il n'y a pas eu de pourparlers directs Iran-États-Unis depuis le début de la guerre. Les échanges ont transité par des intermédiaires. Le Pakistan a confirmé avoir transmis les demandes américaines à Téhéran, et des responsables égyptiens et pakistanais ont dit pousser pour des rencontres en personne, peut-être dès vendredi au Pakistan.

Plusieurs raisons expliquent pourquoi le Pakistan est en première ligne :

  • présence d'une minorité chiite et relations commerciales transfrontalières avec l'Iran ;
  • accord de défense avec l'Arabie saoudite et majorité sunnite proche des pays du Golfe ;
  • relations personnelles entre certains responsables militaires pakistanais et le président américain.

L'Égypte s'est dite prête à accueillir des discussions tant que cela aidera à désamorcer la crise. La Turquie a aussi reconnu qu'elle « joue un rôle » en transmettant des messages entre Téhéran et Washington.

Ce que contient, grossièrement, la proposition américaine

  • allègement possible de sanctions ;
  • retour en arrière sur certains éléments du programme nucléaire iranien ;
  • limitations sur le développement des missiles iraniens ;
  • réouverture sécurisée du détroit d'Hormuz ;
  • restrictions sur le soutien iranien à certains groupes armés.

Des responsables pakistanais et égyptiens ont résumé ces points, tandis que des sources israéliennes ont exprimé leur surprise que la Maison Blanche soumette un plan de cessez-le-feu, alors qu'Israël poussait pour la poursuite des opérations.

La riposte iranienne : cinq conditions

Selon la télévision d'État Press TV, un officiel anonyme a confirmé le rejet de la proposition américaine. L'Iran aurait proposé son propre plan en cinq points :

  • arrêt des assassinats de responsables iraniens ;
  • garanties qu'aucune autre guerre ne sera déclenchée contre l'Iran ;
  • réparations pour les dégâts causés par le conflit ;
  • fin des hostilités ;
  • exercice de la souveraineté iranienne sur le détroit d'Hormuz.

Formulation officielle : l'Iran « mettra fin à la guerre quand il l'aura décidé et quand ses conditions seront remplies ». Autrement dit, pas de calendrier imposé de l'extérieur.

Contexte des suspicions

La méfiance iranienne envers les États-Unis est profonde, renforcée par des frappes américaines lors de discussions diplomatiques, y compris des frappes du 28 février qui ont déclenché l'actuelle escalade. Cette défiance explique en grande partie le refus initial du plan américain.

Évolution du terrain au moment du rejet

Le rejet du plan s'est produit alors que les tensions montaient encore : des attaques aériennes israéliennes ont visé Téhéran, les États-Unis ont déployé des parachutistes et des marines supplémentaires dans la région, et l'Iran a intensifié ses frappes contre Israël et certains pays du Golfe, dont une attaque ayant provoqué un important incendie à l'aéroport international du Koweït.

Au final, une trame diplomatique existe, avec des médiateurs actifs, mais les demandes restent très éloignées. Les parties campent sur leurs exigences, et la perspective d'une désescalade dépendra de la capacité des intermédiaires à rapprocher des positions pour l'instant incompatibles.