Mark Zuckerberg, qui a déjà dépensé des sommes colossales sur le projet du metaverse et fait face aux polémiques liées aux lunettes connectées de Meta, travaille maintenant sur une autre innovation destinée à alléger sa charge la plus ennuyeuse : parler aux gens.
L'agent IA qui veut faire le boulot du PDG
Selon des informations publiées récemment, Meta développe un agent d'intelligence artificielle dont l'objectif est d'aider Zuckerberg dans ses tâches de dirigeant. Pour l'instant, cet agent sert surtout à retrouver des informations et à synthétiser des éléments qui, autrement, nécessiteraient des échanges avec des employés.
Remplacer la conversation par des requêtes
L'idée est simple et ambitieuse : transformer la façon dont Meta opère en faisant de l'IA le canal principal pour accomplir le travail. Zuckerberg l'a expliqué lors des résultats trimestriels de janvier, en disant que l'entreprise investit dans des outils "natifs IA" pour aider les collaborateurs à être plus productifs, en "élevant les contributeurs individuels et en aplatissant les équipes". Selon lui, cela permettrait d'en faire plus et de rendre le travail plus agréable.
Une organisation pensée pour l'IA
Pour concrétiser cette vision, Meta a créé une division ingénierie IA où la structure est volontairement aplatie. Dans certains cas, jusqu'à 50 personnes relèvent d'un même responsable, sur la logique que l'ajout d'agents IA empêchera la désorganisation habituelle.
Les outils internes
- My Claw : un outil qui peut communiquer avec des collègues et leurs agents tout en consultant des fichiers et des historiques de discussion.
- Second Brain : conçu par un employé pour fonctionner comme un chef de cabinet IA, en analysant la documentation de projets.
Ces systèmes servent à réduire la nécessité d'échanges directs entre humains, et à automatiser la collecte et la synthèse d'informations.
Des agents qui discutent entre eux
La logique va plus loin : il existe désormais un espace de discussion interne où les agents IA des employés peuvent interagir. C'est l'image d'une société où les intelligences artificielles se parlent pendant que leurs utilisateurs regardent. Ce mouvement s'inscrit aussi dans l'acquisition récente par Meta d'une plateforme largement peuplée par des comptes automatisés, ainsi que l'embauche des fondateurs de ce service.
Cette plateforme avait auparavant généré des contenus viraux, mais il a été montré que des utilisateurs humains manipulaient souvent les flux d'IA pour produire ces effets.
Conséquences pour les emplois
L'adoption massive de ces outils IA ne se limite pas à des améliorations de productivité. Meta envisage en parallèle des réductions de personnel significatives, avec des plans évoquant jusqu'à 20 % d'effectifs en moins. Autrement dit, l'automatisation est pensée non seulement pour faciliter le travail, mais aussi pour remplacer certaines fonctions humaines.
Ce que cela signifie
Au final, Meta réoriente sa stratégie pour faire de l'IA non pas un simple assistant, mais un élément central de son fonctionnement. Reste à voir si cet "agent PDG" fournira de meilleures décisions qu'un assistant conversationnel grand public, et quelles seront les conséquences humaines de cette transition.